Le carrelage de faïence
Le carrelage de faïence

La faïence : définition, types et différences avec le carrelage, la porcelaine et le grès


Sur les crédences de cuisine, les murs de salle de bain ou les services de table de famille, la faïence est partout, mais sait-on vraiment ce qui la distingue d'un carrelage, d'une porcelaine ou d'un grès ? Ce guide en donne la définition, détaille ses deux grandes familles et sa fabrication, et répond aux questions qui nous sont fréquemment posées à la manufacture, où nous façonnons et décorons la faïence à la main.

Qu'est-ce que la faïence ? Définition

La faïence est une céramique à pâte poreuse d'argile, recouverte d'un émail qui la rend imperméable et lui donne son fond blanc caractéristique. Elle tire son nom de Faenza, la ville italienne qui la rendit célèbre à la Renaissance. C'est l'une des techniques les plus anciennes et les plus répandues de la céramique : la pâte d'argile est cuite une première fois, puis recouverte d'une glaçure, traditionnellement un émail à base d'étain qui blanchit et imperméabilise la pièce. Ce fond blanc fut une révolution : pour la première fois, le potier pouvait peindre librement au pinceau des décors élaborés, aux couleurs vives, sans que celles-ci ne se dégradent là où l'argile nue, foncée, ne le permettait pas.

Les deux grandes familles : faïence stannifère et faïence fine

La faïence stannifère

La pâte ocre de la terre cuite est recouverte d'un émail stannifère : une glaçure opaque à base d'étain qui masque totalement la pâte et donne à la pièce son aspect blanc et brillant caractéristique. On distingue deux techniques de décor :

  • Le grand feu : le décor est posé, après une précuisson, directement sur l'émail stannifère cru, puis décor et émail cuisent ensemble. Les couleurs capables de supporter cette cuisson sont produites par des oxydes métalliques et limitées à cinq : bleu de cobalt (le plus utilisé), brun-violet de manganèse, rouge et vert de cuivre, jaune d'antimoine, auxquelles s'ajoute le noir d'oxyde de fer.
  • Le petit feu (fin du XVIIe siècle) : le décor est posé sur l'émail déjà cuit, puis fixé par une cuisson à plus basse température. Le trait est plus net, car il ne fuse pas dans l'émail, et la palette de couleurs bien plus large.

La faïence fine

Technique d'origine anglaise, la faïence fine repose sur une pâte naturellement blanche ou légèrement ivoire. La pièce est précuite, décorée, puis recouverte d'une glaçure plombifère transparente : à l'inverse de l'émail stannifère, ce vernis cristallin ne masque pas la pâte, déjà blanche.

Composition et fabrication de la faïence

À la base, d'une recette simple et très ancienne : une terre argileuse de teinte ocre, à laquelle on ajoute du sable et des minéraux qui aident la pâte à bien se comporter à la cuisson : du feldspath et de la potasse. Selon les fabriques et les usages, cette recette varie : argiles naturelles simplement raffinées, ou pâtes plus élaborées mêlant argiles colorées, kaolin (l'argile blanche de la porcelaine), silice, chamotte (de la terre déjà cuite et broyée, qui limite les déformations), calcaire ou dolomie. La pâte obtenue peut ensuite être façonnée par toutes les techniques de la céramique.

Ce qui fait qu'une faïence est une faïence, c'est la suite : cette pâte reste poreuse après une première cuisson. On la recouvre donc d'une glaçure, un fin verre fondu en surface qui la rend imperméable. Dans la tradition, cette glaçure contient de l'étain : c'est lui qui, en cuisant, donne à l'émail son fameux fond blanc.

Selon la composition de la pâte et sa destination, on distingue notamment la faïence calcaire, celle des carrelages de cuisine et de salle de bain, la faïence feldspathique, plus résistante, utilisée pour les services de table, et la faïence fine, à pâte naturellement blanche. 

Faïence, porcelaine, grès, carrelage : quelles différences ?

  • La faïence est une pâte argileuse poreuse, cuite à température modérée puis émaillée. Légère et plus tendre que les autres céramiques, elle doit son imperméabilité à son émail et se prête aux décors les plus riches. Son territoire : les murs, crédences et salles de bain, la vaisselle et les objets de décoration.
  • La porcelaine est une pâte fine à base de kaolin, cuite à très haute température jusqu'à vitrification. Blanche, translucide et très dure, c'est la céramique des arts de la table et des sanitaires.
  • Le grès est une pâte vitrifiée à haute température, non poreuse et extrêmement résistante à l'usure comme au gel. C'est le matériau des sols à fort passage et de l'extérieur.
  • La terre cuite c’est l'argile nue, sans émail, teintée dans la masse. Poreuse, elle se protège d'un traitement et se patine avec le temps, c'est la matière des tomettes, des sols et des briques.

Et le « carrelage » dans tout ça ? Carrelage n'est pas une matière mais un usage : un carreau destiné à revêtir sol ou mur, qui peut être en faïence, en grès ou en terre cuite. Quand on oppose « faïence » et « carrelage » dans le langage courant, on compare en réalité le carrelage mural en faïence au carrelage de sol en grès ou terre cuite, conçu pour résister au passage.

La faïence artisanale des Terres Cuites Raujolles

Chez Terres Cuites de Raujolles, la faïence n'est pas un chapitre d'encyclopédie : c'est un geste quotidien. Dans notre manufacture aveyronnaise, nos faïences unies, décorées main et en relief sont façonnées et émaillées sur place, dans la tradition des faïenceries françaises, chaque carreau décoré à la main est peint au pinceau.

Foire aux questions : Tout savoir sur la faïence, on vous explique tout !

« Carrelage » désigne un usage (revêtir un sol ou un mur), « faïence » désigne une matière. La faïence est un carrelage mural : sa pâte, plus tendre et poreuse que le grès, ne convient pas au sol, mais son émail et ses décors en font le revêtement idéal des murs de cuisine et de salle de bain. Un carrelage de sol sera lui en grès ou en terre cuite.

La porcelaine est une pâte fine à base de kaolin, cuite à très haute température jusqu'à vitrification : elle est dure, blanche et translucide. La faïence est une pâte argileuse poreuse, cuite à température plus modérée, qui doit son imperméabilité et sa blancheur à son émail. La faïence est plus tendre mais offre des décors peints plus riches ; la porcelaine est plus résistante.

Non, la faïence est réservée aux murs : sa pâte poreuse et son émail sont trop tendres pour résister au passage, aux chocs et à l'abrasion d'un sol. Pour un sol, choisissez un grès ou une terre cuite de sol comme la tomette. En revanche, murs de douche, crédences et plans muraux sont son territoire naturel.

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