Fabrication de la Tomette
Fabrication de la Tomette

Comment sont fabriquées les tomettes ?

Comment sont fabriquées les tomettes ? De l'argile du Larzac au carreau fini
Une tomette, c'est de l'argile, de l'eau, du feu et un savoir-faire. Dans notre manufacture près de Millau, chaque carreau suit le même chemin depuis deux siècles : l'argile est extraite, broyée, façonnée, séchée puis cuite à 1050 °C. Ce guide vous fait entrer dans l'atelier et détaille chaque étape de la fabrication de la tomette, telle que nous la pratiquons chaque jour.

2000 ans de terre cuite à Raujolles

Le site de Raujolles n'a pas été choisi au hasard : dès l'époque gallo-romaine, il y a 2000 ans, des ateliers y produisaient de la poterie sigillée, cette céramique fine à vernis rouge qui s'exportait dans tout l'Empire romain, la région de Millau, avec le site voisin de La Graufesenque, en fut l'un des plus grands centres de production. La raison est toujours la même aujourd'hui : une argile d'exception à portée de main.

Au début du XIXe siècle, les Terres Cuites de Raujolles développent la production de tomettes provençales, au même titre que le célèbre site de Salernes dans le Var. Deux siècles plus tard, la manufacture perpétue ce savoir-faire, reconnu par le label Entreprise du Patrimoine Vivant, décerné par l'État aux entreprises détentrices d'un savoir-faire artisanal d'excellence.

Étape 1 : l'extraction et le broyage de l'argile

Tout commence dans la carrière. L'argile de Raujolles s'est déposée au Domérien, il y a 176 millions d'années, durant l'ère Secondaire. C'est une argile de formation marine : la région était alors recouverte par la mer, ce qui explique que l'on y trouve encore des fossiles marins. Cette origine géologique donne à notre terre sa composition minérale particulière et aux tomettes leurs teintes caractéristiques après cuisson.

L'argile extraite est acheminée vers l'unité de broyage.

Étape 2 : le façonnage de la tomette

La poudre d'argile est humidifiée puis pétrie mécaniquement jusqu'à devenir une pâte souple et homogène répétant le même geste que le potier, à l'échelle de la manufacture. Cette pâte est ensuite poussée par la vis sans fin d'une extrudeuse au travers d'une filière, qui donne sa section au futur carreau : carrée, rectangulaire ou hexagonale. Le pain d'argile qui en sort est enfin coupé au fil d'acier à la dimension souhaitée. Chaque coupe donne naissance à une tomette crue.

Étape 3 : le séchage, l'étape de patience

On ne cuit jamais une terre humide : l'eau qu'elle contient se transformerait en vapeur et ferait éclater le carreau dans le four. Les tomettes crues doivent donc sécher et ce processus peut prendre seulement quelques heures s’il est réalisé avec la technique dite de l’air pulsé jusqu’à plusieurs semaines si nous laissons la nature faire son œuvre avec un séchage à l’air libre.

Étape 4 : la cuisson à 1050 °C, là où la terre devient pierre

La cuisson est le moment de vérité. Les tomettes sont enfournées dans un four et portées à une température de l'ordre de 1050 °C, sur un cycle complet de 24 heures : 12 heures de montée en température progressive, puis 12 heures de refroidissement tout aussi contrôlé. Précipiter l'une ou l'autre phase fissurerait les carreaux.

Pendant la cuisson, l'argile subit de profondes transformations physiques et chimiques. Ce matériau doux, friable et plastique tant qu'il était humide devient dur, dense et résistant et c'est une transformation irréversible : la terre cuite ne redeviendra jamais argile. C'est aussi dans le four que chaque tomette acquiert sa couleur définitive, qui dépend du mélange de terres utilisé et de la place du carreau dans le four. Voilà pourquoi deux tomettes ne sont jamais rigoureusement identiques : ces nuances ne sont pas un défaut, elles sont la signature du feu.

Fabrication artisanale ou industrielle : ce qui change vraiment

  • La matière première : une argile locale unique, extraite sur place, plutôt que des mélanges standardisés, c'est elle qui fait les teintes impossibles à imiter.
  • Les nuances : la cuisson au four et la place de chaque carreau créent des variations naturelles de teinte et là ou l'industrie les gomme, nous les cultivons.
  • La finition à la main : patine et vieillissement sont réalisés carreau par carreau, pas par un cylindre d'impression qui répète le même motif.
  • La couleur dans la masse : la teinte d'une tomette artisanale traverse tout le carreau et ne s'usera jamais, contrairement à un décor de surface.

Foire aux questions : Tout savoir sur la tomette, on vous explique tout !

Nos tomettes cuisent à une température de l'ordre de 1050 °C, dans un four alimenté au gaz naturel. Le cycle complet dure 24 heures : 12 heures de montée en température progressive et 12 heures de refroidissement contrôlé, indispensables pour éviter toute fissure.

Entre le broyage de l'argile et la sortie du four, comptez de quelques jours à plusieurs semaines selon le mode de séchage : 12 heures en séchoir à air pulsé, mais 15 à 30 jours pour un séchage naturel à l'air libre, auxquels s'ajoutent les 24 heures du cycle de cuisson et les finitions manuelles éventuelles (patine, vieillissement).

Parce que la couleur naît dans le four : elle dépend du mélange de terres utilisé et de la position de chaque carreau pendant la cuisson. Ces nuances sont la signature d'une fabrication artisanale, la couleur est dans la masse du carreau, elle ne s'usera jamais. Pour un sol harmonieux, les carreaux sont panachés à la pose.

La terre cuite est un matériau 100 % minéral et naturel : de l'argile, de l'eau et du feu. L'argile est extraite localement, à côté de l'atelier, ce qui limite les transports, et une tomette dure plusieurs générations et la durabilité en fait un produit réellement écoresponsable.

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