Tomette provençale, tomette de Salernes : l'histoire et fabrication d'un carreau mythique
Hexagonale, rouge, douce et fraîche sous les pieds : la tomette provençale est bien plus qu'un carrelage, c'est un morceau du patrimoine méridional. Née de la crise de 1829 qui la vit naître à l'âge d'or de Salernes et des ports de Marseille et Toulon qui l'exportèrent sur trois continents jusqu'aux ateliers qui la fabriquent encore aujourd'hui, découvrons ensemble l’histoire passionnante de ce carreau en terre cuite emblématique.
Qu'est-ce qu'une tomette provençale ?
La tomette provençale est un petit carreau de sol en terre cuite rouge, de forme hexagonale, traditionnellement fabriqué en Provence, parfois émaillé, parfois issu d'un mélange de plusieurs terres. En provençal, on l'appelle aussi malon : le « malon hexagonal rouge » est le nom historique du carreau que Salernes a rendu célèbre. Son mode d'emboîtement ne laisse quasiment pas de joint et donne un sol très lisse, doux et frais. Sa forme hexagonale n'est pas qu'esthétique : née pour produire plus avec moins de matière lors de la crise économique de 1829, elle optimise la terre, allège le carreau et le rend étonnamment résistant.
Aux origines : Apt et la crise de 1829
La fabrication de la tomette sous sa forme hexagonale avait pour but de répondre à la baisse du pouvoir d'achat, conséquence de la crise économique de 1829 causée par l'industrialisation. C'est à cette période, à Apt, où s'était développée une industrie de la faïence, que la production se diversifie et qu'on assiste à l'essor des fabriques de terres cuites qui popularisent la tomette provençale. À la même époque, Salernes, dans le Var, se spécialise aussi dans la fabrication de terre cuite. À partir des années 1830, des dizaines de petits ateliers se créent sur le territoire, fabriquant tuiles, briques, tuyaux, malons et poteries utilitaires pour les besoins locaux.
Salernes, capitale de la tomette
La qualité exceptionnelle des gisements d'argile de Salernes, une argile rouge ferrugineuse, pousse les fabricants du village à se spécialiser dans un mono-produit : le malon hexagonal rouge, appelé tomette. La « tomette provençale » était née.
1850 : une activité prospère
Dès 1850, l'activité prend une ampleur considérable. Pour répondre à une demande extérieure toujours plus importante, de nouvelles fabriques se construisent et les petits ateliers s'agrandissent. Légère et d'une grande résistance, la tomette conquiert le marché du bâtiment. L'industrie connaît de grandes périodes de gloire tout au long du XIXe siècle et, malgré les crises économiques, les guerres et la concurrence étrangère, l'activité céramique se maintient jusque dans les années 1950, transmise de génération en génération sans grands changements.
Marseille, Toulon, Nice : la tomette des grands ports
Avec l'expansion des constructions du littoral, les commandes de tomettes abondent : les fabriques de Salernes alimentent les magasins des négociants de Toulon, Marseille et Nice. Les produits s'exportent en Afrique du Nord, en Afrique du Sud, en Italie et jusqu'en Amérique, transitant par les ports de Toulon et de Marseille. C'est ainsi que la tomette hexagonale rouge devient indissociable des immeubles marseillais et niçois du XIXe siècle : ce que l'on appelle aujourd'hui couramment « tomette marseillaise » désigne le plus souvent ces mêmes carreaux hexagonaux qui recouvrent les appartements haussmanniens du Vieux-Port aux collines niçoises.
De 1950 à nos jours : reconstruction, émail et renouveau
Après la Seconde Guerre mondiale, la tomette participe à la reconstruction des maisons. Dès 1970, l'activité céramique de Salernes prend un nouvel essor : le village ne produit plus seulement des carreaux en terre cuite brute, les céramistes introduisent l'émail et le décor. Le carreau devient un élément esthétique à part entière, et non plus un simple revêtement de protection.
La tomette provençale aujourd'hui : qui la fabrique encore ?
Si les fabriques varoises ont beaucoup évolué, la tradition du malon hexagonal se perpétue dans quelques manufactures françaises dont la nôtre. Chez Terres Cuites de Raujolles, près de Millau en Aveyron, nous fabriquons des tomettes hexagonales en argile naturelle depuis le début du XIXe siècle, exactement à l'époque où Salernes développait les siennes sur un site où l'on cuit la terre depuis 2000 ans. Argile teintée dans la masse, cuisson à plus de 1000 °C et disponibles en plusieurs finitions la tomette provençale n'est pas qu'un souvenir, c'est un carreau que l'on pose toujours en 2026, en cuisine, en séjour comme en terrasse et que nous expédions dans toute la France et dans de nombreux pays sous 48 h.
Toutes nos tomettes hexagonales
Tomettes anciennes ou tomettes neuves « à l'ancienne » ?
Beaucoup d'amateurs du genre cherchent des tomettes anciennes de récupération, chinées en occasion. Le charme est réel, les contraintes aussi : lots dépareillés ou incomplets, épaisseurs irrégulières qui compliquent la pose, dos encroûtés d'ancien mortier à piquer, casse au démontage et prix au m² souvent supérieur au neuf pour une qualité incertaine. L'alternative que nous avons développée à l'atelier : la finition Terre d'Histoire, une tomette neuve vieillie à la main, avec les marques du temps, l'irrégularité et la patine d'un carreau centenaire, mais une épaisseur calibrée, des lots homogènes et complets, et une pose aussi simple qu'un carrelage neuf. Le compromis idéal pour une rénovation de caractère.
Tomette hexagonale
Tomette hexagonale pour vos sols intérieurs
Parfaites pour vos planchers chauffants grâce à leur fort pouvoir d'inertie, les tomettes en terre cuite apporteront une certaine sérénité à votre pièce. De plus, leur facilité d'entretien et leur résistance en feront vos alliées au quotidien. Laissez-vous tenter !
Foire aux questions : Tout savoir sur la tomette, on vous explique tout !
La tomette de Salernes est fabriquée à Salernes, dans le Var, à partir de l'argile rouge ferrugineuse locale. Développée à partir des années 1830, elle a fait du village la capitale française de la tomette au XIXe siècle, exportant ses carreaux via Toulon et Marseille jusqu'en Afrique et en Amérique. Par extension, « tomette de Salernes » désigne aujourd'hui ce type de carreau hexagonal rouge traditionnel que l’on appelle aussi « tomettes provençale ».
La forme hexagonale est née de la crise économique de 1829 : elle permettait de produire des carreaux avec moins de matière, donc moins chers, tout en restant légers et très résistants. Elle présente aussi un avantage de pose : les hexagones s'emboîtent en ne laissant quasiment pas de joint, ce qui donne ce sol lisse, doux et frais caractéristique des maisons provençales.
« Malon » est le mot provençal qui désigne le carreau de sol en terre cuite. Le malon hexagonal rouge de Salernes est ainsi l'ancêtre et le vrai nom de la tomette provençale. On retrouve encore ce terme dans le Midi pour parler des sols en terre cuite traditionnels.
Auprès des quelques manufactures françaises qui perpétuent la fabrication artisanale. Aux Terres Cuites de Raujolles, nous fabriquons nos tomettes hexagonales en Aveyron depuis le début du XIXe siècle avec une argile naturelle teintée dans la masse, cuite à plus de 1000 °C et nous les expédions sous 48 h dans toute la France et 150 pays, avec assurance bris.
Une tomette ancienne authentique présente des irrégularités d'épaisseur et de teinte, une patine profonde, souvent des traces de mortier au dos et de légers éclats de vie. Méfiez-vous des lots trop parfaits. Si vous cherchez cet aspect sans les contraintes de la récupération (lots incomplets, pose difficile), les tomettes neuves vieillies à la main comme notre finition Terre d'Histoire en reproduisent le caractère avec une pose simple.